Sanctuaires de l’interdit, Land Art Urbain

Land Art Urbain, de l’agressif au ludique :

je voudrais transformer ces rochers, objets devenus mobilier urbain qui nous agressent en ville et principalement dans les grandes cités. Les rendre beaux tout en gardant leur fonctionnalité, déranger le passage des engins à moteur. Ce film est aussi un portrait mémoire de villes, des mouvements de population du siècle dernier et des Grands Projets de Rénovation urbaine de l’hexagone. Il y a aussi ces traces industrielles de ville, telle les voies de chemins de fer abandonnées qui sont si lourdes d’histoires et ces énormes usines abandonnées qui représentent des fantômes urbains de métropoles. J’ai inventé un SDF, Albert, notre héros qui se pose des questions sur ces objets et leurs histoires. Albert va circuler en France à la recherche d’idée pour enjoliver, détourner, ces objets, puisqu’ils sont là.

Peut-on dire que ces alignements de rochers, de barques et de blocs béton où l’on se heurte dans les cités montrées du doigt aujourd’hui, représentent la politique urbaine ou culturelle d’une ville ? Représentent-elles un sanctuaire en hommage aux familles qui habitaient à la verticale dans un immeuble démoli d’une cité ? Sont-elles juste ou répressives ? Ne serait-ce pas non plus une limite, comme une clôture ; la séparation avec l’autre lieu urbain ? On en trouve de toutes les formes et matières : granit brut, bois, métal, béton.

Les premières pensées d’Albert vont être posées, analysées, décortiquées et interprétées par un acteur de théâtre, Sébastien Barrier, comme une troisième dimension au film sur un cyclo de studio à couleurs fortes et monochromes, des images au trait seront projetées, portraits d’Albert paysagiste à la fois poète et anthropologue aussi quelque part, Moise le sculpteur de ces mêmes roches à Nantes. Notre analyste nous fera aussi, à partir d’une image de chaque quartier au trait, le portrait des Grands projets urbains de chaque ville où Albert ira à la recherche de ces nouveaux mobiliers urbains. Nous recevrons « en pleine gueule » diverses réponses à ces mobiliers urbains organisés ou non, public et privé qui tracent des limites, mais représentent l’interdit.

Ces questions travaillent Albert, notre jardinier sans emploi parce qu’il ne rentre pas dans la case. Albert n’est plus SDF, pourtant il va reprendre la rue, la place. Sa manière de questionner l’autre va passer par ces pierres et autres « heurtoirs » qui sillonnent nos villes. Nous allons avec lui rencontrer des villes et des personnes tel Moise, le sculpteur de Nantes et bien d’autres personnages.

C’est le train que choisira Albert pour se transporter vers l’autre ville. Un tour de villes et de France par la même occasion. Ces échanges, ces dialogues nous transporteront sur d’autres lieux intérieurs ou extérieurs suivant le fil de la conversation. Le spectateur se retrouvera dans six grandes agglomérations, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille, Lyon et Marseille à la recherche de ces sanctuaires aux alignements de rochers et divers heurtoirs urbain que l’on peut rencontrer. Albert sera confronté à l’inconnu. L’analyste nous guidera de ville en ville à la découverte des Grands Projets de Ville dans tous leurs états.

Albert veut convaincre les gens qui habitent les cités, ceux qui subissent ces limites ou ces interdictions et les autres, ceux qui les décident et les posent. Aux yeux et aux dires d’Albert les démolitions de bâtiments engendrent « des jardins japonais, mais ceux de chez nous n’ont pas de poésie. Ces sanctuaires-là ne sont ni respectés, ni compris, les graviers ne sont pas ratissés ».

Les gens vont le voir s’approprier lentement ces formes agressives et les transformer en objets d’art.

Doucement, de jour en jour, les habitants et acteurs des cités vont s’approcher d’Albert et ensemble nous découvrirons le quotidien d’un immeuble, d’une ville. Des habitants lui livreront leur vie dans divers milieux sociaux et diverses origines. La mémoire collective. Nous pourrons ainsi découvrir les modes de pensée à la fois des acteurs urbains de l’hexagone et les mémoires culturelles de ces villes verticales en voie de disparition.


Déroulement :

-  Plan de mise en scène des documentaires « Cités sanctuaires »

Cette mémoire collective, six documentaires vidéo de création et photographies, propose de montrer les changements urbains et sociaux en France dans les réalités d’origines culturelles et économiques de notre société dans tous ses états. « Portraits de six agglomérations françaises » Toulouse – Floirac, Blègle (Bordeaux) – Nantes – le triangle Roubaix, Tourcoing et Wattrlos – Lille – Lyon – Marseille.

Cette histoire aura deux dimensions filmiques :

-   Une réelle, le portrait d’Albert qui, depuis Toulouse, va partir à la recherche des sanctuaires de pierre dans plusieurs villes françaises. Le portrait de notre Albert sera entrecoupé d’images documentaires et de témoignages vivants des acteurs et habitants de ses villes verticales face aux grands projets urbains français ; un face à face des cultures, des économies, et des politiques d’un pays.

-   L’autre, transformée, image photographique au trait type Pop Art, portrait des intervenants et paysages urbains en monochrome. Un personnage (acteur professionnel Sébastien Barrier) comme un analyste, un passeur de mémoire, avec beaucoup d’émotions dans son verbe et son apparence ; il circulera comme une troisième dimension dans cet espace monochrome. Notre acteur deviendra Monsieur-tout-le-monde, le bon et le méchant, suivant où l’on place sa pensée des paysages urbains de la cité. Des paysages et portraits aux traits toujours en fond de cet écran monochrome et l’acteur toujours en réel.

Nous commencerons par un portrait au trait d’Albert en style Pop Art sur un fond et un sol uniforme monochromes d’une couleur primaire forte et vive. Entre en scène l’acteur. Il circule dans ce volume et il nous construit le portrait d’Albert. (Texte en annexe) Son voyage en verbe nous emmènera dans la vraie pensée du jardinier, les nouveaux sanctuaires du Mirail.

Nous rencontrerons Albert, habitant à la Reynerie, il nous parlera de sa vie au Mirail. Puis absorbé dans sa recherche créative autour de ces alignements de pierres et ces à-plats de graviers, nous découvrirons ses premières actions artistiques.

Des rencontres se feront sur place entre des habitants et des acteurs de ces lieux. Certaines seront fortuites et d’autres mises en scène. Ces échanges, ces dialogues nous transporteront sur d’autres lieux intérieurs ou extérieurs suivant le fil de la conversation. Nous prévoyons de nous retrouver au Mirail et dans quelques autres cités françaises. Albert sera confronté à l’inconnu. L’analyste nous guidera.

Nous retrouverons notre « analyste » sur le même principe visuel, comme une rhétorique, dans chaque nouveau lieu que nous visiterons. Dans la force de son jeu de rôle, il décortiquera les gestes et les dires des intervenants, en rappel ou en prévisionnel des thématiques abordées.


Planning de réalisation

-  Repérage en France et écriture du scénario, du mois d’avril au mois de septembre 2008

-  Prises de vues des paysages urbains et portrait d’Albert le jardinier dans les six villes à partir de septembre 2008 et jusqu’à octobre 2009.

-  Montage et mixage, octobre et novembre 2009.

-  Présentation des six documentaires dans les six villes à partir de janvier 2010

Dans un second temps en 2010 pour le film documentaire de 90 minutes sur les six villes :
-  Tournage avec l’acteur, Sébastien Barrier en studio à Toulouse février mars 2010
-  Montage avril, mai 2010


Fiche technique

-  Format de tournage : HDTV, couleur
-  Six documentaires de 40 minutes, un par ville
-  Au final en 2010, un film documentaire de création d’une durée de 90’’

Acteurs et équipe de réalisation du tournage et montage :
-  Acteur de théâtre : Sébastien Barrié, Toulouse
-  Albert : Albert Ménard, Toulouse (habitant du Mirail)
-  Cadreur et photographie : Hervé Dangla, Toulouse
-  Preneur de son : Yannick Samson
-  Numérisation et perche pendant le tournage : Emmanuel Borgetto Toulouse
-  Montage final : Sabrina Cohen
-  Auteur , réalisateur : Hervé Dangla, Toulouse

Recherche de lieux de tournage au niveau national :

J’ai besoin de rechercher dans plusieurs grandes villes de France des cités touchées par des projets de réhabilitation. Rechercher afin de parfaire le portrait de ce phénomène de démolition des grands projets d’habitations des années cinquante et soixante-dix. Ces voyages permettront de rédiger le scénario, de découvrir les lieux et le plan de tournage au niveau national

Villes présumées et proposées par l’auteur dans l’ordre de tournage du documentaire :

-   Toulouse, quartier du Mirail contacts avec la mairie, des habitants et associations locales sur ces quartiers.
-  Agglomération de Bordeaux : Bègles, quartier Terre Neuve, et Floirac, quartier Libération, contacts avec les mairies, des habitants et associations locales sur ces deux villes et la CUB de l’agglomération de Bordeaux.
-   Nantes,, quartier le Bout des Landes Contacts avec la mairie et des associations locales sur le quartier.
-   Lille, quartier saint Sauveur et le triangle, Roubaix, Wattrelos et Tourcoing, quartier L’union, contacts avec diverses associations, mairie et Communauté Urbaine
-   Lyon, La Duchère contacts avec la mairie et des associations locales et la Communauté Urbaine
-   Marseille, le plan d’Aou »